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lundi, 29 novembre 2021 11:26

Les mémoires de Léger Gagnon

Par Carole Gagnon

Dans sa jeunesse, Léger Gagnon est allé travailler, avec ses parents et certains de ses frères et sœurs, dans les "factries" de coton au Rhode Island.

Nous reproduisons ce que Léger raconte au sujet de leurs séjours aux USA.

Je suis né le 16 février 1880 dans la paroisse Saint-Cajetan d’Armagh, comté de Bellechasse. Mon grand-père était de Saint-Michel de Bellechasse. Il s’appelait (Pierre-)Noël Gagnon et ma grand-mère s’appelait Sarah (Marguerite) Gagnon, mais pas parents. Mes grands-parents, des deux côtés, étaient des cultivateurs de Saint-Michel. Mon père (Narcisse) était aussi de Saint-Michel de Bellechasse et ma mère (Agnès-Cléophée Roy) de Saint-Gervais, mais elle a été élevée à Saint-Michel, sa mère étant morte plutôt jeune. J’ai quatre frères et six sœurs, tous nés à Armagh. Pis moi, le dernier, le onzième, j’ai marié Albertine Thibault (d’Armagh).

 

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Article écrit par Carole Gagnon

Théodule (aussi dit Arthur) Tremblay est né le 22 avril 1853 à St-Urbain (Charlevoix), fils d’Eucher (aussi dit Ludger) Tremblay et de Marie Bolduc. Théodule s’est marié, sous le prénom d’Arthur le 11 mai 1875 à St-Georges-de-Windsor, comté Richmond en Estrie; avec Philomène Moreau, fille de Magloire Moreau et Sophie Grenier de St-Calixte-de-Somerset. Au moment de son mariage, Théodule était majeur (plus de 21 ans) et journalier à St-Georges-de-Windsor, alors que son père Eucher était cultivateur à St-Louis de la Pointe-aux-Trembles[1] au Lac-Saint-Jean.

thumbnail Photo en carte postale de Philomène Moreau épouse de Théodule Tremblaya Claudine a

Théodule et Philomène aurait eu 13 enfants dont la naissance nous indique leur parcours :

  • Les 2 premiers enfants (Hector 1876 et George 1877) naissent à Ste-Bibiane-de-Richmond où Théodule est journalier.
  • Au moins 5 autres enfants (Stanislas 1879, Emilia 1881, Elmire 1883, Alvinia 1884, et Joseph 1886) naissent à St-Louis-de-Chambord alors qu’il y est cultivateur.
  • Et au moins 4 autres enfants (Marie-Louise 1888, Albert 1891, Welley 1892, Simon-Alfred 1893) naissent à Notre-Dame-du-Lac de Roberval où il est également cultivateur.
  • Puis 1 autre enfant (Alice, 1894) nait en octobre à St-Louis-de-Chambord où il est toujours cultivateur. Ce qui semble être l’année du ré-emménagement à Chambord, puisque Simon-Alfred est décédé à Roberval en janvier 1894.
  • Et possiblement le dernier, Didyme, nait en 1896 à Albanel (baptisé à Normandin, car l’église d’Albanel ne sera construite qu’en 1902).

Théodule avait acquis à Albanel un double lot de la Couronne par l’entremise d’un précédent acquéreur, Thomas Guay, au printemps 1894. Il serait venu travailler sur la terre ses deux plus vieux, Hector et George.

En 1903, Théodule cède un lot à son fils Hector[2] qui le vendra en 1905, étant déjà établi à Chambord en 1899 (son 1er enfant y nait et plusieurs autres). George[3] recevra l’autre lot et le conservera plusieurs années. Mais il ira travailler aux États-Unis au moins à deux reprises puisque son 1er enfant y est mort-né en 1901 et son 5e enfant Méridé y nait en 1907 à Amesbury dans le comté d’Essex au Massachusetts. Ses six autres enfant sont nés à Albanel.

Théodule serait aussi allé travailler aux États-Unis. Certains actes indiquent qu’il travaillait comme tisseur ou tisserand (weaver) dans une usine de coton à Amesbury. Avec de ses enfants qui y travaillaient également, dont certains (Elmire et Joseph) s’y sont mariés, et d’autres y sont demeurés toute leur vie (Emilia, Elmire, Joseph). Au moins deux sont revenus au pays (Georges à Albanel, Alvinia à Montréal).

Est-ce qu’ils étaient allés travailler aux États-Unis comme beaucoup de québécois lors de la Grande/Longue Dépression[4], puis il préférait y retourner l’hiver plutôt que d’aller dans les chantiers de bûcherons? Surtout avec la facilité de déplacement qu’offrait le chemin de fer, et qu’il avait de ses enfants établis là-bas.

C’est durant son ou un de ses séjours aux USA, que Théodule décéda le 14 septembre 1906, à l’âge de 55 ans et 4 mois, d’une fièvre typhoïde[5] causée par intoxication alimentaire (salmonelle). Selon l’acte de décès, sa maladie (agonie) dura 30 jours et il est décédé à son lieu de résidence à Amesbury. C’est son gendre, Edmond Hudon (Amilia) [6] et résidant à Amesbury qui signa l’acte. Edmond était aussi le frère d’Anna mariée avec George, fils de Théodule.

Théodule Tremblay décès 14 sept 1906 Amesbury a

Cependant, Théodule fut inhumé à St-Louis de Chambord le 18 septembre 1906, où il avait habité et sa mère et plusieurs de ses enfants y résidaient encore. Son corps ayant été rapatrié en train après que le curé ait reçu la certification qu’il n’y avait aucun danger de contamination. Témoins à ses funérailles, outre possiblement son épouse Philomène Moreau?: Hector Tremblay (son fils), Edmond Hudon (son gendre), Joseph (son fils), Robert Fortin (ami ou voisin de Chambord), Élizée Plourde (marié à Maria Tremblay, fille du frère aîné de Théodule : Benjamin (Emilie Harvey)), charron à Chambord et qui sera maire de la paroisse d’Albanel de 1926 à 1929.

Theodule Arthur Tremblay dAlbanel Philomène Moreau décès USA inhumé Chambord 1906 ident

Une des filles de Théodule, Marie-Louise, est également décédée à Amesbury en 1909, d’une appendicite opérée, suivie de complications, fistule puis pleurésie avec épanchement. Durée de la maladie, 25 jours.

Philomène Moreau, veuve de Thodule depuis 11 ans, s’est remariée le 12 août 1917 à Albanel, avec Philippe (surnommé Paysan) Lamontagne (marchand, veuf de Célina Néron) de St-Félicien. Elle est décédée à St-Félicien le 27 avril 1929 à l’âge de 74 ans 5 mois et y a été inhumée. Philippe se remariera en 1932 avec Alpheda Bonneau.

[1] Qui deviendra Chambord, souvent appelé Chambord boucane à cause du chemin de fer qui arrêtait là et dont toutes les manœuvres de retournement des locomotives généraient beaucoup de fumée. Benjamin (Émilie Harvey), fils d’Eucher en sera le maire de 1878 à 1888)

[2] Marié le 10 avril 1899 à St-Thomas d’Aquin, Lac-Bouchette, à Délima Désgagnés, fille d’Urbain et Delphine Pagé de St-Michel de Mistassini

[3] Marié en 1ère noces le 24 octobre 1898 à Notre-Dame-du-Lac de Roberval avec Anna Hudon, fille de Louis Hudon et Joséphine Boivin

[4] La Grande/Longue Dépression (1873-1896), une crise (ralentissement) économique mondiale qui s’est étendue sur 23 ans, et démarrée par une crise bancaire brutale en mai 1873 due a une spéculation effrénée, avec des dépôts de garantie très faibles

[5] Les fièvres typhoïdes et paratyphoïdes sont causées par des bactéries appartenant au genre Salmonella, mais dont le réservoir est strictement humain. La contamination résulte le plus souvent de l’ingestion d’eau ou d’aliments ayant subi une contamination fécale d’origine humaine ou d’une transmission directe de personne-à-personne. La fièvre typhoïde était très répandue à la fin du XIXe siècle. Son taux de mortalité était estimé de façon conservatrice à entre 12 % et 15 % et un patient qui finissait par y survivre avait habituellement été malade pendant environ six semaines2. Les rapports officiels sur la période de 1906 à 1910 indiquent que parmi les 51 villes américaines comptant 100 000 habitants et plus, chez plusieurs d’elles le taux de mortalité dépassait 55 pour 100 000 habitants.

[6] Mariés à Normandin (l’église d’Albanel n’étant pas construite) le 25 octobre 1898. Edmond, fils de Louis Hudon et Joséphine Boivin de Roberval.

mercredi, 17 novembre 2021 21:03

Retour sur l’épopée franco-américaine

Retour sur l’épopée franco-américaine

Il y a quelques semaines, on nous rappelait ici même que l’histoire de l’émigration de Québécois et de Québécoises aux États-Unis est plus récente que ne le laissent entendre les grands ouvrages sur le sujet. D’autres articles font état des efforts toujours consacrés à l’épanouissement de la culture canadienne-française au sud de la frontière. Pourtant, les Franco-Américains et les Franco-Américaines, « ces autres vous-mêmes » comme disait Claire Quintal, sont souvent relégués aux périphéries de l’univers intellectuel québécois.

 © 2021 Le Devoir

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mercredi, 17 novembre 2021 15:50

La francophonie en Nouvelle-Angleterre

Aperçu de la francophonie en Nouvelle-Angleterre

Les francophones des six États qui composent la Nouvelle-Angleterre (Connecticut, Maine, Massachusetts, New Hampshire, Rhode Island et Vermont) représentent l'une des concentrations géographiques les plus importantes des États-Unis. En 2010, 216 849 habitants de la Nouvelle-Angleterre ont déclaré utiliser le français à la maison, sans compter les 64 989 locuteurs de créole à base lexicale française. 

Au début du 17e siècle, des explorateurs français, dont Samuel de Champlain, parcourent une partie du territoire de la Nouvelle-Angleterre actuelle, et la Nouvelle-France fonde des établissements dans l'actuel Maine et Vermont. Le nom de l'état du Vermont est d'ailleurs un dérivé de « Verd Mont », nom donné par Champlain à cette région. Jusqu'au traité de Paris, qui met fin à la guerre de Sept Ans en 1763 et concède la victoire aux Britanniques, les Français et les Britanniques se disputeront le nord de l'actuelle Nouvelle-Angleterre. 

 © 2021 Centre de la francophonie des Amériques

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mercredi, 17 novembre 2021 08:26

Les derniers Franco-Américains

Les derniers Franco-Américains

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Leurs ancêtres ont traversé la frontière vers la Nouvelle-Angleterre pendant la plus importante migration canadienne-française de l’histoire, un pan largement oublié du public. Plusieurs générations plus tard, tristes de voir leur langue maternelle mourir à petit feu, Emily, Rémi, et Robert ont pris les grands moyens pour continuer de vivre en français au quotidien.

TEXTE : DENIS WONG | PHOTOS : DENIS WONG ET JOHN TULLY | DESIGN : MARIE-PIER MERCIER

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PAR FRANÇOIS DESJARDINS

Trouver ses ancêtres québécois hors du Québec : comment procéder?

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En sortant des frontières du Québec, notamment pour visiter la Nouvelle-Angleterre, il n’est pas rare de trouver des noms de famille à consonance francophone. On peut alors s’imaginer que les ancêtres de cette personne ont quitté la province francophone pour s’établir ailleurs, gardant avec eux les traces de ces origines. Entre 1840 et 1930, c’est plus d’un million de québécois qui ont quitté le territoire pour aller chercher du travail. Nombre d’entre-eux se sont établis dans le nord-est des États-Unis, ce qui explique la forte présence de racines francophones dans cette région.Certaines familles ont été séparées à l’époque, de sorte que beaucoup de québécois ont des ancêtres qui se sont installés ailleurs et y ont établi leur propre progéniture. Dans le but de mieux connaître la généalogie et de retrouver ces ancêtres québécois, voici quelques informations cruciales pour savoir comment retracer des ancêtres installés hors Québec...

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Library of Congress, source des images. Travaillant comme photographe d’investigation pour le National Child Labor Committee (NCLC), Lewis Hine (1874-1940) a documenté les conditions de travail et de vie des enfants aux États-Unis entre 1908 et 1924. Pour voir la collection photographique complète de la NCLC (5000 photographies), c’est par ici.

À la recherche de nos ancêtres américains

De 1840 à 1930, des centaines de milliers de Canadiens français ont émigré aux États-Unis. L’historien Yves Roby avance le chiffre de 900 000 émigrants qui sont attirés vers ce pays par l’éventualité de trouver du travail dans un monde industriel dont on vante la prospérité. Les états de la Nouvelle-Angleterre se veulent un pôle d’attraction incontournable pour ces émigrants avec ses nombreuses villes industrielles comme Manchester au New Hampshire, Lowell au Massachusetts ou Woonsocket au Rhode Island. Les états frontaliers tel celui de New York ou encore du Midwest dont le Michigan et le Minnesota reçoivent également leur lot d’émigrants provenant du Québec. Avant 1860, cette émigration se veut surtout celle d’artisans ou de journaliers, mais par la suite, on parle d’émigration de cultivateurs et de fils de cultivateurs. Les élites s’alarment en qualifiant ce mouvement migratoire d’exode de la population rurale québécoise. Dans leur nouveau pays, ces émigrés se regroupent et fondent des « Petits Canadas », des quartiers constitués de paroisses catholiques, d’écoles, de commerces et de journaux qui leur permettent de pourvoir à l’essentiel de leurs besoins dans leur langue maternelle. Avec le temps et les générations subséquentes, on assiste à la naissance d’un nouveau groupe ethnique, celui des Franco-américains.

La plupart des familles du Québec comptent au moins un des leurs qui est « parti pour les États».

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