Au nom de la mère

« La pionnière utérine est la femme qui se trouve à l'origine d’une lignée qui passe exclusivement par les mères. » - Francine Cousteau Serdongs

Qui est-elle cette pionnière ? D’aucuns penseront qu’il s’agit de l’épouse du premier ancêtre patronymique ayant mis le pied au Québec. Dans mon cas il s’agit de Pierre Tremblay et son épouse Ozanne Achon. Eh non ! Ma pionnière utérine n’est pas Ozanne Achon mais Perinne Malet.

 

Explications

Dans la généalogie traditionnelle, réaliser sa lignée généalogique ascendante consiste à suivre le patronyme de ses ancêtres masculins. Je débute par moi et je remonte ainsi jusqu’à Pierre Tremblay, mon premier ancêtre en Nouvelle-France. C’est ma lignée ascendante patrilinéaire. Le patronyme demeure, dans ce cas-ci, le même sur les 13 générations.

Dans la lignée ascendante matrilinéaire, je débute par moi et je remonte en suivant le nom de ma mère, de ma grand-mère,… jusqu’à Perinne Malet, ma première ancêtre en Nouvelle-France, en constatant le changement de patronyme à chaque génération. 2013 souligne le 350e anniversaire de l’arrivée de quelque 800 Filles du Roy en Nouvelle-France. Peut-être que l’une de ces pionnières est votre aïeule.

Exemple d'une lignée matrilinéaire.

Lignée patrilinéaire

Se limite aux porteurs de votre nom. Dans certains cas, le nom change en une génération, par exemple le surnom est devenu le nom de famille de ses descendants ou parce que l’orthographe du nom a changé au fil des ans. C’est une lignée par les hommes et non une lignée par le patronyme.

Le choix du patronyme

Aujourd’hui les parents ont plusieurs possibilités, s’ils ont chacun un nom de famille simple, ils ont quatre choix pour le nom de l’enfant : l’un ou l’autre de leurs noms ou un nom composé de leurs noms placés dans un ordre ou dans l’autre, reliés par un trait d’union. Dans le cas de parents qui ont des noms doubles, ils ont l’embarras du choix parmi 16 possibilités pour leurs enfants : quatre noms simples provenant d’une partie du nom du père ou de la mère et douze noms doubles provenant des permutations des quatre parties des noms des parents. Enfin, il faut noter qu’il n’est pas nécessaire de donner le même nom à tous ses enfants. Cet article est le résultat d’un compromis. Les commissaires de l’Office de révision du Code civil suggéraient que le « nom patronymique » du père soit obligatoirement transmis à l’enfant, alors que le Conseil du statut de la femme était favorable au nom double dans lequel le nom de la mère précéderait toujours celui du père. À la deuxième génération, la mère léguerait la première partie de son nom et le père la deuxième partie du sien. Le Conseil s’appuyait sur le principe de l’égalité des conjoints, mais aussi pensait à l’intérêt de l’enfant dans le cas d’une rupture : « Le fait de porter le nom de ses père et mère évitera à l’enfant des traumatismes inutiles en cas d’une séparation ou d’un divorce, alors qu’il ira vivre avec l’un ou l’autre de ses parents ».

L’ADN mitochondrial

L’ADN mitochondrial suit la lignée des mères. Il nous a été transmis par notre mère, qui l’a hérité de sa mère, et ainsi de suite jusqu’à l’Ève ancestrale. Le bagage génétique de chaque être vivant remonte à une seule et même femme, à travers une partie unique de notre composition génétique, le génome mitochondrial. Le génome de l’Ève mitochondrial s’est transmis de mères en filles à travers les générations (les hommes le portent, mais ne le transmettent pas). La généalogie traditionnelle prend en compte les certificats de naissances, mariages, décès, la généalogie par ADN, un peu de salive. L’ensemble des gènes d’une personne s’appelle un génome. Nous héritons de notre génome de tous nos ancêtres. Il est mélangé à chaque nouvelle génération. L’ADN n’est pas remélangé dans le chromosome Y qui est retransmis du père au fils ; et l’ADN mitochondrial que tous les enfants héritent de leur mère. Ceux-ci restent fondamentalement inchangés d’une génération à l’autre.

Pascale Girard

Partenaires

BAnQNormandin