Dis-moi comment tu t'appelles et je te dirai d'où tu viens ! Il n'y a pas que la forme de son nez qui soit héréditaire, son patronyme aussi. C'est le roi de France François 1er, en 1539 par l'ordonnance Villers-Cotterêts, qui stipule, entre autres, que les nouveau-nés doivent être baptisés sous le nom de leur père, rendant ainsi le patronyme héréditaire. L'ordonnance royale impose alors le français comme langue administrative et obligeait les curés de chaque paroisse à tenir un registre des naissances: ce fut le début de l'état civil.

Origine des noms de famille

Jusqu’au XIe siècle, les personnes ne portaient qu’un seul nom au baptême et ne portaient pas de nom de famille. Au XIIe siècle, l'accroissement des populations (moins de guerres et de famines) oblige les gens à se donner des surnoms, qui s'ajoutent au prénom, afin d'éviter les confusions. En effet, comment se reconnaître parmi tous ces Pierre, Jean, Philippe, Louis? Grâce à certains surnoms on peut situer géographiquement les familles : Champagne, Picard..., mais ils renseignent également sur leurs métiers, leurs qualités & leurs défauts, leur apparence physique, leurs infirmités, leurs traits de caractère, etc. Parfois une branche de la famille adoptera de façon définitive un surnom comme patronyme.

 

En France comme au Canada, il n’y avait pas d’orthographe pour les patronymes que l’on écrivait au son et il n’était pas rare de les retrouver écrits de différentes façons dans un même acte, rendant la recherche généalogique plus complexe : Hémon-Émond. Les patronymes des Québécois de souche sont ceux que portaient les premiers arrivants en Nouvelle-France. Certains patronymes utilisés en France ont été déformés par le porteur de nom lui-même ou par les transcriptions des curés et des notaires.

Notre patronyme en dit long sur nos ancêtres (lieu, trait de caractère, métier, etc.):

  • Régions : Champagne, Picard, Savoie, Gascon…
  • Origine étrangère : Lallemand, Litalien, Langlais…
  • Parenté : Parent, Neveu, Legendre…
  • Prénoms : Martin, Alain, Michel…
  • Métiers : Boulanger, Meunier, Moulin, Dufour, Saulnier…
  • Surnoms : Leroux, Brunet, Blondin…
  • Traits de caractère : Lesage, Généreux, Lespérance, Lamoureux…
  • Lieux géographiques : Dupré, Dupont, Deschamps, Lavoie, Beauchemin…
  • Plantes, animaux… : Plante, Larose, Pigeon, Leboeuf, Lelièvre, Desnoyers, Rossignol…
  • Rang social : Marquis, Lemaire, Baron, Lemoine, Prévost, Lécuyer, Cardinal…

Les « noms dits »

Une proportion importante de pionniers de la Nouvelle-France est composée d’anciens soldats démobilisés qui se sont établis à demeure. Pensons notamment au régiment de Carignan-Salières. À l’époque où chacun ne portait qu’un nom individuel, la coutume s’est implantée au régiment que l’officier attribue à chaque soldat de sa division un surnom qui lui permet de distinguer les homonymes. Chacun reçoit au moins un surnom, qui devient son nom de guerre. Après la généralisation des noms de famille, cette coutume s’est perpétuée. C’est ainsi que nos ancêtres militaires portent tous un nom de guerre. Après leur démobilisation, plusieurs anciens soldats s’établissent sur la seigneurie concédée à leur officier. Se retrouvant entre eux, ils continuent à utiliser les surnoms du régiment qui leur sont plus familiers. Les noms de guerre se sont donc appliqués aux enfants et se sont transmis aux générations suivantes au point que certains descendants en ont oublié leur véritable nom de famille.

Le même surnom a été associé parfois à plusieurs dizaines de noms différents. Le procédé a forcément contribué à l’appauvrissement de notre patrimoine de noms de famille. Les noms de fleurs sont un indice qui ne trompe pas les Lafleur, Rose ou Larose, Violette ou Laviolette, Latulipe, Desrosiers, Lagiroflée, Bellerose, Bellefleur, Lapensée, Jasmin et Lœillet d’aujourd’hui sont tous les descendants d’un militaire appartenant à l’un des régiments venus prêter main-forte à la colonie. Mis à part Lagiroflée, tous ces surnoms ont fait souche, en ce sens qu’ils comportent une ou plusieurs lignées ayant survécu jusqu’à ce jour. Les porteurs de ces noms de guerre devenus patronymes autonomes doivent établir leur généalogie jusqu’à la première génération s’ils veulent savoir à quel nom se rattache celui qui les identifie.

Patronymes doubles et noms dits

Ce fichier contient plus de 42 700 patronymes utilisés en Nouvelle-France jusqu'à nos jours. De plus, on y retrouve les noms dits ou les patronymes doubles utilisés dans le temps. Il y a plusieurs patronymes dans cette liste qui ont été abandonnés depuis. Également, suite à la fermeture des seigneuries, les personnes ayant un double patronyme ont été obligées de faire le choix d'un seul patronyme. Cet outil est très pratique pour la recherche des ancêtres qui changent de nom au fil des ans. Exemple : si vous cherchez une ascendance St-Hilaire, vous devez à une certaine génération modifier votre recherche pour des Guérin, des Lebrun, des Messier, des Frappier ou 19 autres appellations.

PatronymesEtNomsDits Patronymes doubles et noms dits (1.2Mo)

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