Par ici ! Concours Voici ma famille, édition 2017

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Le régime seigneurial

Québec fut fondé en 1608, et dès les débuts il était difficile de convaincre des colons de s’établir et fonder famille en Nouvelle-France. Il fallait de l’audace pour relever un tel défi ; laisser sa famille, son coin de pays et venir fonder un foyer sur une terre inconnue, peuplée de sauvages.

L’État ne sachant comment faire pour implanter des habitants sur sa colonie, il s’en remet aux compagnies de traite afin de stimuler le peuplement en Nouvelle-France ; mais elles ne sont pas intéressées à se charger de cette initiative. Elles laissent le soin à des particuliers de le faire, le régime seigneurial naissait en 1627.

La seigneurie est une bande de terre rectangulaire (5 X 15 km environ) qui longe le fleuve Saint-Laurent, ainsi sera divisé le territoire de la Nouvelle-France. Le seigneur se réservait, habituellement, le centre de la seigneurie pour y construire son manoir. Le domaine du seigneur sera le noyau de la vie communautaire. L’église et le moulin seront construits à proximité. Le seigneur ne pouvait garder la terre qui lui avait été concédée pour lui. Il se doit de trouver des censitaires qui s’établiront sur son domaine.

Le seigneur n’est pas tenu d’habiter son manoir, sa seigneurie, mais il doit en cas d’absence désigner un représentant, afin que les censitaires puissent payer leur rente. De plus, le seigneur ne peut couper les chênes qui poussent sur son domaine, il doit obtenir la permission des charpentiers du roi. La propriété des mines lui échappe aussi. Entre 1623 et 1653, 53 seigneuries seront concédées, plusieurs d’entre elles ne comptent que quelques habitants.

L’avantage d’être seigneur

Le seigneur était un personnage important, honorable et cela lui procure certains avantages. Il a droit à son banc dans l’église paroissiale, ayant préséance sur ses censitaires. Il peut aussi se faire inhumer sous son banc dans l’église. Ses censitaires lui rendent un hommage spécial lors de la plantation du Mai *, et lui payent le cens annuellement. Il peut également exiger de ses censitaires trois ou quatre jours de travail gratuits par année.

La milice

Le 27 février 1717, au château Saint-Louis, le Marquis de Vaudreuil, gouverneur de la Nouvelle-France et commandeur de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis, ordonne pour le bien du service du roi qu’il soit créé des officiers de milice.

Le capitaine de milice devait commander les habitants, les maintenir en paix et en union entre eux ; les exercer de temps en temps au maniement des armes à feu, afin de les préparer à se défendre contre l’ennemi. Il devait également voir à ce qu’ils les maintiennent en bon état et s’assurer qu’ils ne les vendent pas. Il devait également faire exécuter les ordres du roi. Il assumait la charge de juge de paix en cas de litige et remplaçait l’intendant ou le gouverneur, dans son coin de pays.

*Plantation du Mai : Obligation du censitaire envers son seigneur. Coutume française consistant en un arbre vert décoré que l’on plantait, le premier mai, devant la maison d’une personne que l’on voulait honorer. Les endroits de prédilection étant l’église, le manoir seigneurial ou la résidence du capitaine de milice. C’était l’occasion d’une fête suivie d’un repas offert par le seigneur.

Définitions

Régime seigneurial : Instauré en Nouvelle-France dès 1627 et aboli en 1854. Outil de peuplement et mode d’organisation du territoire. Les terres étaient divisées en longues bandes étroites longeant le fleuve Saint-Laurent.

Seigneur : Est un noble, un marchand ou une congrégation religieuse, qui reçoit une seigneurie (une très grande terre) du gouverneur ou de l’intendant. Le seigneur divise sa terre en censives, qu’il donne à des censitaires (tenanciers).

Censive : terre soumise au cens annuel.

Censitaire : Tenancier qui devait le cens à un seigneur.

Cens : Redevance annuelle due par le tenancier au seigneur. Le cens était en principe fixe et perpétuel et pouvait être en argent ou en nature.

Pascale Girard

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