Par ici ! Concours Voici ma famille, édition 2017

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Les métiers en Nouvelle-France

Nos ancêtres sont arrivés en Nouvelle-France avec leur savoir-faire. Les premiers arrivants avaient, en général, une bonne formation et un bon métier, parfois similaire à celui de leur père demeuré en France. Les marchands et les négociants sont les premiers à s’installer pour la traite des fourrures. Par l’établissement d’une colonie permanente les savoir-faire ont varié répondant aux besoins urgents : charpentiers, maçons, forgerons et d’autres rendaient la vie un peu plus facile : bouchers, boulangers…

Consultez le tableau des métiers des premiers arrivants

 

Sage-femme

Les femmes ont toujours été des guérisseuses. Elles furent à la fois avorteuses, infirmières et conseillères médicales. Elles furent pharmaciennes, cultivant les plantes médicinales et échangeant entre elles les secrets de leurs divers usages. Elles furent aussi sages-femmes, voyageant de maison en maison, de village en village. Les sages-femmes utilisaient l’ergot pour soulager les douleurs de l’accouchement à une époque où l’Église soutenait que les douleurs étaient le juste châtiment de Dieu pour le péché originel d’Ève. Aujourd’hui, on utilise des dérivés de l’ergot de seigle pour accélérer l’accouchement et faciliter le rétablissement de la mère. La belladone, utilisé comme antispasmodique servait à réduire les contractions utérines afin d’éviter des fausses couches.

Depuis l’Antiquité la prise en charge des femmes enceintes et des parturientes est considérée comme étant une affaire de femmes, par tradition puritaine tout ce qui touche l’appareil génital féminin ne concerne que celles-ci.

Profession qui consiste à l’accompagnement des femmes dans l’enfantement. Son savoir-faire provient d’une transmission orale.

Une ordonnance criminelle de 1691 stipule que l’État intervient dans le domaine de la santé. Elle départage le champ de pratique de la médecine en 3 branches autonomes : médecins, chirurgiens et sages-femmes.

Herborisateur

La Nouvelle-France était un vaste terreau de plantes inconnues en France. Des herborisateurs collecteront et catalogueront des spécimens de plantes afin de les envoyer, par bateau, pour enrichir le Jardin du roi. L’identification des plantes, avec l’aide des Amérindiens, a permis d’enrichir la pharmacopée tant française que québécoise.

Boulanger

Spécialiste de la fabrication du pain. Le pain étant la principale source de nourriture avec les légumes, le boulanger fut un des premiers artisans à s’être implanté dès les débuts de la colonie. L’étendue des seigneuries et le faible peuplement furent tels que les seigneurs de la Nouvelle-France ne considérèrent pas comme un privilège intéressant et lucratif la construction et l’entretien d’un four banal. Le boulanger exerçait principalement en ville et devait être capable de répondre à la demande en tout temps.

Four à pain

La construction d’un four ne pouvait être confiée à n’importe qui ; l’expérience d’un maçon ou d’un artisan habile était nécessaire pour garantir la solidité de l’ouvrage et son rendement calorique. Outre la cuisson du pain (le four mettait une journée à refroidir) on y cuisait d’autres mets : des pâtés, des tartes, des brioches, des gâteaux ou encore au brunissage de la farine. Le four pouvait servir aussi de fumoir. On y désinfectait les plumes qui serviraient à la confection d’oreillers, matelas et autres coussins.

Meunier

Personne qui exploite un moulin et qui fabrique de la farine. Le régime seigneurial, en vigueur jusqu’en 1854, obligeait d’une part les seigneurs à construire des moulins sur leur fief et d’autre part, obligeait les censitaires à faire moudre leurs grains uniquement au moulin de la seigneurie qu’ils habitent ; contre un droit de mouture, compensation exigée pour défrayer l’entretien du moulin et les services du meunier. Le blé constituait la denrée la plus importante de l’alimentation de la colonie, le moulin banal était le pivot essentiel de la vie quotidienne des colons.

Crieur public

OYÉ ! OYÉ ! Doté d’une voix forte, il crie les avis publics émis par les autorités ou des particuliers. Habituellement ses annonces se font le dimanche sur le parvis de l’église, endroit où se réunit le plus grand nombre de gens. Que fait-il pour obtenir le silence de la foule ? Il utilise soit une trompette soit un tambour. Il n’est pas seul, il est accompagné du capitaine de milice qui veille au maintien de l’ordre et du curé : c’est son parvis ! 

Ramoneur

De tout temps la peur des incendies était omniprésente dans une agglomération. Le chauffage au bois nécessitait l’entretien constant de la cheminée afin d’éliminer les risques d’incendie. Préoccupation aussi de l’État, car entre 1676 et 1759 pas moins de 16 ordonnances concernaient le ramonage. Le ramoneur devait être un homme de petite taille, lui permettant de pénétrer dans la cheminée, muni d’un grattoir pour décoller la suie des parois.

Chirurgien-barbier / médecin

L'art de guérir était séparé en deux branches : la médecine et la chirurgie. Le chirurgien a longtemps été un artisan assimilable au barbier et inférieur au médecin. Jusqu’en 1743, chirurgiens et barbiers sont réunis sous une même corporation. Ils doivent être habiles au maniement de la scie et de la lame. Ils s’occupent des amputations, des trépanations, des saignées, de l’extraction des dents, des dissections… Tout cela se fait à froid, sans anesthésie.

Le médecin est un clerc et un savant qui puise sa science dans les livres plus que dans l'observation même du malade. Le chirurgien, lui, n'est qu'un manuel, qui, sur les prescriptions du médecin, pratique la saignée, incise les abcès, panse les plaies, réduit les fractures.

Saignée et purge

Du nourrisson au vieillard, même traitement : au moindre signe suspect, le chirurgien accourt soulager le malade. Quelques onces de sang en moins, c’est bien connu, facilitent la percée dentaire, enrayent les convulsions de la petite enfance. De même pour les vieillards afin de les débarrasser de leurs fièvres malignes. Les futures mères ne sont pas oubliées : on les saigne au 2e mois de leur grossesse, au 6e et enfin au 9e pour faciliter l’accouchement.

  • Souffrir de rhumatismes : Saignée !
  • Chute de cheval : Saignée !
  • Gorge enrouée : Saignée !
  • Œil crevé : Saignée !
  • Saigner du nez : Saignée !

Les médecins vous diront tous que, la vertu laxative de la purge était fonction de sa fréquence, il ne faut pas hésiter à purger et repurger, sans relâche « pour secourir la nature surchargée du poids des humeurs » exhorte le docteur Guy Crescent Fagon, premier médecin du roi, Louis XIV,  en 1693.

  • Clystère insinuatif : Amollir, humecter et rafraîchir les entrailles.
  • Clystère détersif : Balayer, laver et nettoyer le bas-ventre.
  • Clystère carminatif : Dissiper les gaz intestinaux.

Cloutier

Jadis les clous étaient fabriqués à la main, un à un. Le cloutier forge une large gamme de clous ; chaque clou a une forme et une fonction différentes : clous à broquette, à charrette, à ferrer, à soulier… Il fabrique aussi d’autres pièces comme des crochets. Tous les métiers du fer font face à un manque constant de matière première : le fer. En effet, le fer est alors importé auprès de fournisseurs français qui eux-mêmes l’importent de la Suède.

Religieuse hospitalière en Nouvelle-France : Augustine de la Miséricorde de Jésus

Au Moyen Âge déjà, les sœurs hospitalières jouaient un rôle essentiel. Chargées d’assister les malades aussi bien moralement que dans les soins quotidiens, la toilette, l’alimentation ou la garde. Le nombre de religieuses, secondées parfois pour les gros travaux (lessive, nettoyage des salles, cuisine) par des servantes laïques.

La formation et les compétences demeurent mal connues. Entrées jeunes, vers 17 ou 18 ans, et majoritairement avant 30 ans, elles reçoivent sur place une formation empirique, au contact des malades et sous l’autorité des anciennes. Toutes sont unies par une même vocation d’assistance. D’autant plus admirable que l’hôpital est un gage de vie rude, voire dangereuse, pour ces femmes exposées quotidiennement à la saleté, à la promiscuité et à la contagion. Le statut de religieuse n’offre que peu d’avantages social ou économique, hormis la sécurité d’une communauté où elles pourront vivre jusqu’à leur mort. Humilité, charité, pauvreté.

Bourreau

À l’époque de la Nouvelle-France le bourreau est souvent un ancien condamné à mort gracié en échange de ses services. Victimes de calomnies les bourreaux n’ont pas la vie facile. Seul homme à avoir le droit de tuer et le seul qui pouvait exécuter les jugements de condamnation à une peine capitale. Il était le seul à pouvoir faire le geste interdit par Dieu et par les hommes. Il concrétisait dans le corps et la chair des condamnés la vengeance du souverain. Entre 1663 et 1760, plus de 80 personnes furent exécutées. L’État fournit les ustensiles au bourreau soit, la barre pour rompre les membres, le fer pour le marquer de la fleur de lys, la corde pour le pendre, etc.

Avocat

Les autorités coloniales de la Nouvelle-France ne favorisent pas l’implantation de la profession. Samuel de Champlain demande même au roi de France, en 1618, que « la justice soit rendue gratuitement dans la colonie, sans l’intervention d’avocats ou de procureurs ». Ce n’est qu’en 1678 que le Conseil souverain officialisera cette interdiction. L’administration de la justice nécessite tout de même la présence d’officiers de justice. C’est ainsi que des procureurs, des huissiers et des notaires peuvent exercer une profession juridique. Les autorités tolèrent même la présence de procureurs postulants qui représentent des parties devant les tribunaux contre rémunération.

En 1765, des commissions d’avocats sont octroyées par le gouverneur. Aux prises avec les excès d’un tel mode de nomination, les avocats, eux-mêmes, demandèrent et obtinrent en 1785, qu’un système de dédicature (stage de formation) de 5 ans, soit imposé à tout candidat afin de pallier l’absence de formation universitaire.

Cabaretier

Le cabaret est le lieu où le peuple peut se procurer des boissons alcooliques pour emporter chez lui ou consommer sur place. Selon certains critères le cabaretier débitera de la bière, du cidre, du vin, de l’eau-de-vie ou de la *guildive. Les nobles et les riches bourgeois se présentent rarement au cabaret, préférant acheter directement les boissons auprès des négociants et des capitaines de bateaux.

Épreuve de Hollande

Réalisée par les marchands et les négociants, elle consiste à tester la marchandise en recueillant une petite quantité d’eau-de-vie dans un récipient puis à y approcher un tison. Une flamme bleuâtre indique que le produit présente une teneur suffisante en esprit-de-vin.

Tonnelier

Joue un rôle important dans le commerce des boissons alcooliques en Nouvelle-France. Les tonneaux doivent être fabriqués de bois de qualité, exempt de défauts et de vermine. Ils doivent respecter les jauges officielles et pouvoir contenir la quantité de vin, de bière ou d’eau-de-vie prévue. Des dizaines de tonneliers exercent leur métier dans la colonie, ils sont fréquemment liés, par le sang ou le mariage, avec les brasseurs, cabaretiers et marchands de vin.

*Guildive : Eau-de-vie préparée à partir de mélasse ou de jus de canne à sucre.

Pascale Girard

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