Grosse-Île et l’immigration irlandaise

Grosse-Île est une petite ile de 2,5 km X 0,9 km, située dans l’archipel de l’Isle-aux-Grues, en face de Montmagny.

Au XIXe siècle, un flot croissant de personnes quitte l’Europe. Vers 1830, uniquement à Québec, cet exode représente une moyenne annuelle de 30 000 immigrants dont les deux tiers sont Irlandais. Cette immigration survient au moment où de grandes épidémies de choléra et de variole s’abattent sur l’Europe.

Afin d’empêcher la propagation des maladies, la Chambre d’Assemblée du Bas-Canada décida d’isoler la station de quarantaine qui était située à Pointe-Lévis et réquisitionna Grosse-Île, propriété depuis 1817 du notaire Bernier résidant à Château-Richer.

 

La durée du séjour varie pendant la centaine d’années d’existence de la station. La détention dépend du temps d’incubation reconnu pour chaque maladie contagieuse. 15 jours pour la variole, 7 jours pour le choléra. Chaque nouveau cas déclaré prolonge le séjour. Grâce aux nouvelles techniques de désinfection apparues dans les années 1880-1890, le séjour dans la station sera plus court.

Chaque jour, les passagers sont tenus de se laver, de nettoyer leurs effets et de se présenter à l’inspection du médecin. Il surveille l’apparition de fièvre et d’éruptions cutanées, premiers symptômes de contagion.

Depuis 1815, les Irlandais ont contribué à l’histoire québécoise. Arrivant au Bas-Canada dès la fin des guerres napoléoniennes, ils ont participé à la vie communautaire, sociale, culturelle, religieuse et politique de la province. Les vagues successives d’immigrants irlandais de 1830, mais surtout pendant et après la Grande Famine de la pomme de terre (1845-1848).

Vers 1850, de nombreuses familles québécoises adoptent des orphelins irlandais ayant perdu leurs parents lors de la traversée de l’Atlantique.

Pascale Girard

Partenaires

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