Le saviez-vous ?

À la fin du Régime français, il n’y a que 12 écoles en Nouvelle-France. 90 % de la population des campagnes est analphabète. En 1790, à peine 4 000 personnes sur les 140 000 du Québec peuvent lire et écrire.

Les écoles de rang

Pendant plus de 135 ans, les écoles de rang ont monté la garde contre l’ignorance et l’analphabétisme.

Les écoles de rang firent leur apparition avec la loi de 1829 qui adoptait la paroisse comme base de l’organisation scolaire, postulat qui allait se maintenir jusqu’en 1964. Les écoles de rang fermeront graduellement à partir de 1953.

Propagandiste d’une idéologie axée sur la religion, l’agriculture et la famille, l’école de rang aura jeté les bases du système d’éducation québécois dans nos campagnes.

 

L’éducation au Québec a une longue histoire. Convoitée tantôt par l’Église, tantôt par l’État, le plus souvent par les deux simultanément, elle suscita de nombreuses querelles où s’impliquèrent également nos ancêtres. L’entêtement de plusieurs à ne voir dans l’instruction que futilité et inutilité explique en partie les conditions pénibles réservées aux maîtres et maîtresses qui s’aventuraient dans nos campagnes.

Sous le Régime français, l’éducation est prise en main par le clergé. Le curé veille aux bonnes mœurs de ses enseignants, s’assure que le catéchisme est au programme et que les garçons ne fréquentent pas les mêmes écoles que les filles. La participation de l’État est inexistante.

Avant la Conquête, en 1759, le système scolaire est à peine embryonnaire. Celle-ci causa des ravages considérables, accentuant la détresse de l’habitant québécois. L’établissement des écoles ne sera pas inscrit comme prioritaire dans les besoins de la communauté. Très tôt le conquérant perçoit l’école comme un moyen d’assimilation des Québécois et il tente de les intégrer à des écoles protestantes anglaises. La méfiance éprouvée vis-à-vis l’éducation s’enracine plus profondément dans son esprit.

En 1824, la loi des écoles de fabrique autorisait chacune des fabriques à consacrer un quart de ses revenus annuels à la construction ou l’entretien d’une école. En 1829, le gouvernement, par l’Acte pour l’encouragement de l’éducation élémentaire, accordait des subventions dans la mesure où les écoles fonctionnaient un minimum de 90 jours à raison de 20 enfants par jour.

En 1899, on uniformisera les volumes dans les institutions scolaires, en 1942, tous les enfants de 6 à 14 ans sont tenus d’être présents à l’école. Deux ans plus tard, la gratuité des manuels scolaires est acquise. Puis, avec le début des années 1950, on songe à abandonner les écoles de rang au profit de la centralisation scolaire dans les villes et villages. À la création du ministère de l’Éducation en 1964, l’école de rang perd ses titres, même si quelques-unes se verront accorder un sursis de quelques années.

DORION, Jacques. 1979. Les écoles de rang au Québec. Montréal, Les Éditions de l'Homme. 428 p.

Pascale Girard

SNG à BAnQ

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