Par ici ! Concours Voici ma famille, édition 2017

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Le saviez-vous ?

Palsambleu ! Il s'agit d'une altération de l'expression par le sang de Dieu, ainsi modifié pour éviter le blasphème.

-bleu étant une altération de Dieu. Ainsi Morbleu ! Sacrebleu ! ...

Le blasphème

Un juron est une profanation, mais on profane que ce que l’on reconnaît comme sacré. Aujourd’hui, alors que la religion catholique a été délaissée par un grand nombre de Québécois, les jurons démontreraient que les symboles catholiques demeurent imprégnés dans la société, bien que leur sens premier soit parfois oublié.

 

Le blasphème est le délit qui revient le plus souvent devant les tribunaux royaux aux 17e et 18e siècles. Celui-ci s’attaquait à Dieu et indirectement au roi. Le nom de Dieu, comme celui du roi, devait être préservé de toute souillure. Il était interdit de jurer le nom de Dieu ou du roi, de porter atteintes aux prêtres ainsi qu’aux religieux et religieuses ; aux objets sacrés : crucifix, hostie, tabernacle, cierge, calice… Depuis le 16e siècle, en France, placé par l’État au sommet des délits criminels, le blasphème, comme la sorcellerie, appartenait sur le plan légal à un crime de lèse-majesté divine.

Jurer en Nouvelle-France

L’apparition du juron en Nouvelle-France n’est pas un phénomène de génération spontanée. Les premiers colons ont débarqué avec leurs habitudes, leurs patois et leurs jurons. Dès les débuts de la colonie on semble déjà jurer et blasphémer, puisqu’en 1621, les autorités demandèrent au roi que la justice soit exercée en Nouvelle-France afin d’éviter que se commettent « des voleries, meurtres, assassinats, paillardises, blasphèmes et autres crimes déjà trop familiers entre quelques Français habitants en la dite terre. »

Le blasphème était un péché exécrable qui pouvait provoquer la colère de Dieu. Celui-ci pouvait se venger en déchaînant des calamités sur la colonie. Lors du tremblement de terre de 1663, Marie de l’Incarnation affirma : « C’est Dieu qui punit la colonie. »

Au début de l’implantation de la colonie on voulut peupler celle-ci de saints et de saintes, traversés pour convertir les Amérindiens, et ce, malgré la présence des commerçants jugés aux mœurs douteuses. Le rêve tourna court en 1665, avec l’arrivée de 4 000 soldats du régiment Carignan-Salières, ruinant ainsi la vigne du Seigneur en établissant le vice et le péché.

Le blasphème est défini comme une parole injurieuse portant atteinte au nom de Dieu, à sa divinité et à son caractère sacré. Pour l’Église c’est enfreindre le deuxième commandement : « Tu ne prononceras pas à tort le nom du Seigneur. »

La punition

Les paroles blasphématoires étaient punies par des amendes de plus en plus importantes à mesure des récidives. Les autorités encourageaient les habitants à la délation en leur promettant de toucher une partie de l’amende que le blasphémateur aurait à payer. Les colons toléraient le blasphème dans la mesure où il ne le touchait pas ou s’il n’était pas exprimé en public. Ils étaient très peu poursuivis en justice dans la colonie. À défaut de pouvoir payer l’amende il avait une peine de prison, au pain sec et à l’eau, mais jamais de mutilation1.

Quelques exemples de jurons

Nom de Dieu !

Il n’y a ni Dieu ni Diable !

Par les Saints Évangiles !

Que le Diable m’emporte !

1 Mutilation : Amputer avec violence ou détruire/dégrader partiellement une partie du corps.

HARDY, René. 1989. « Ce que sacrer veut dire : à l’origine du juron religieux au Québec », Mentalités, histoire des cultures et des sociétés, no 2, Injures et blasphèmes. Paris. Imago

Pascale Girard

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