Le saviez-vous ?

Un peu plus de 80 personnes furent exécutées entre 1663 et 1760 en Nouvelle-France.

Les châtiments

Il y a plusieurs méthodes d’exécutions de la peine de mort et la Nouvelle-France en a appliqué quatre soit la pendaison, le bûcher, la décapitation et la roue.

On l’a vu, le faux-monnayeur pouvait être condamné à différentes peines, dont le crime de lèse-majesté1, crime qui entraîne automatiquement la peine de mort. La nature du crime, le sexe et l’âge de l’accusé sont les éléments considérés dans le processus décisionnel du châtiment approprié. La condamnation à mort entraînait automatiquement la saisie des biens du criminel au profit du roi.

 

Les peines de mort

Le châtiment capital le plus commun fut la pendaison ; appliquée le plus souvent aux roturiers. Potence où est liée et appuyée une échelle. Le condamné après avoir monté l’échelle, le bourreau prend les deux cordes passées préalablement au cou du condamné et les attache solidement à la traverse. Le bourreau pousse d’un coup de genou le condamné dans le vide. Le corps se balance secoué de soubresauts. Ensuite, le bourreau s’assure qu’il soit bien mort en montant sur les mains liées du pendu et lui assène plusieurs coups de genou dans l’estomac.

Le bûcher fut peu utilisé dans la colonie. Le condamné est attaché à un poteau sur un bûcher, puis brûlé vif et ses cendres sont ensuite dispersées au vent.

La décapitation était le privilège des nobles, appliquée surtout dans le cas d’un duel et où l’un des duellistes est tué.

La plus horrible des peines capitales fut sans contredit la roue. Consistant à attacher le supplicié sur une croix saint André creusée d’encoches profondes, de façon à ce que certaines parties des membres soient placés sur ces vides, le bourreau frappant à ses endroits brisait les os avec une barre de fer. Bras, avant-bras, tibias, fémurs étaient tour à tour fracassés, pour finir il défonçait la cage thoracique. Le supplicié hurlant de douleur, cassé de partout était alors attaché à une roue fixée en haut d’un poteau, bras et jambes brisés pendant dans le vide, la face tournée vers le ciel pour y faire pénitence, tant et aussi longtemps qu’il plaira à notre Seigneur de l’y laisser ainsi.

Les peines corporelles

Parfois le Conseil souverain se montrait clément et imposait plutôt une peine corporelle aux criminels condamnés à mort.

Le carcan

Le condamné est attaché à l’arrière de la charrette du bourreau, les deux mains liées devant lui, pour être conduit jusqu’à un poteau planté en terre sur la place publique, de préférence un jour de marché. Le cou du condamné était placé dans un collier de fer, fixé au poteau par une chaîne fermée par un cadenas. Il portait un écriteau sur la poitrine et dans le dos indiquant la nature du délit. L’exposition variant entre trente minutes et quatre heures.

Le fouet

Le bourreau administrait sur les épaules du condamné le nombre de coups indiqué par la sentence. Le nombre de coups variant entre un et douze. Il devait le fouetter jusqu’à ce que le sang gicle. Le fouet était constitué d’une poignée de verges de bouleau.

La flétrissure

Le châtiment de la marque au fer rouge accompagnait souvent le fouet. Le bourreau chauffait le fer sur un feu de charbons ardents, monté sur la place publique. Cette scarification nuisait à la réputation de celui qui en était marqué.

Les galères

Être condamné aux galères est le châtiment le plus sévère après la peine de mort et la question. Il s'agit d'une condamnation pénale qui consiste à envoyer un criminel comme rameur sur une galère.

Les galères ont davantage servi d'établissement pénitencier que de navires de guerre. Elles ont été supprimées en 1748. Louis XIV avait 40 galères et chaque galère avait 260 rameurs.

Être condamné aux galères à perpétuité signifiaient la mort civile de celui-ci ainsi que la confiscation de ses biens.

Le bannissement

Limitation de la liberté du condamné, sans porter atteinte à son corps. Ce bannissement pouvait être limité ou perpétuel, interdiction de vivre ou de séjourner dans une ville ou dans la colonie. Il était privé de ses droits civils pour une période déterminée ou à perpétuité.

Les aveux

Aucun prévenu ne pouvait être condamné à mort s’il n’avait pas avoué son crime. L’aveu étant la reine des preuves. On l’obtenait soit du plein gré de l’accusé à la suite de l’interrogatoire du juge, soit par la torture.

La question ordinaire

Regroupe les tortures les plus supportables, qui n’ont pour objectif que d’obtenir l’aveu.

La question extraordinaire

Regroupe les tortures les plus insupportables qui constituent généralement la première étape vers la peine de mort.

Tortures additionnelles

Le plus grand sadisme vient des soins prodigués entre chaque séance. Le condamné est nourri, rafraîchi, frictionné voire même complimenté sur son courage. Ce moment le fragilise au point de le faire fléchir et avouer son crime.

Condamnation par effigie

L’attribution d’une peine par effigie est l’absence du prévenu. Ainsi la justice pénale se fait un devoir de punir le coupable absent, parce que le caractère de la peine demeure. Le châtiment contre l’absent répond aussi bien au besoin de vengeance par rapport à ceux qui se croient affranchis, qu’à la nécessité d’inspirer crainte et réflexion à de potentiels criminels.

1Lèse-majesté : Attentat contre la personne du prince, ou contre son autorité.

Ministère de la justice. En ligne. http://www.justice.gouv.qc.ca

Consulté le 25 septembre 2013.

Pascale Girard

SNG à BAnQ

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